Regards sur l’Évangile selon saint Marc

V. La tentation de Jésus au désert en Matthieu et Luc

Mgr Pierre-Marie Carré

 

Publié dans Esprit et Vie, n° 21, novembre 2000, p. 9-13,

suite d’Esprit et Vie, n° 17, 18, 19 et n° 20

 

E. Compléments : les récits de la tentation chez Matthieu et Luc

l 1. Le récit de Matthieu (Mt 4, 1-11)

l 2. Le récit de Luc (Lc 4, 1-13)

On sait que Luc est universaliste dès le début de son évangile. Il laisse de côté tout ce qui touche aux coutumes du peuple juif et aux débats à propos de la Loi. Le centre de sa présentation du mystère chrétien, c'est le salut de toute l'humanité et son avenir (Lc 2, 11 ; 3, 6).

La généalogie vient rompre le lien entre baptême et tentation. Pourquoi donc ? La voix céleste vient de déclarer " Tu es mon Fils " (Lc 3, 22) en citant le Ps 2, 7 qui s'applique au Messie et lui promet la puissance sur les nations. Mais la généalogie insère Jésus au cœur de l'humanité : il est descendant de David, mais aussi fils d'Adam et Fils de Dieu. Il assume le destin de l'humanité et il est celui que Dieu a engendré.

C'est pourquoi en résistant aux tentations, Jésus va réaliser l'inverse de ce qu'a fait Adam : il inaugure ainsi un chemin de salut pour l'humanité en l'emportant sur le diable qui avait fait tomber Adam. Mais les tentations concernent Jésus en sa destinée et en sa mission : elles sont une annonce, une prophétie de son choix de réaliser la volonté de son Père, choix qui se manifestera avec éclat lors de la passion.

Luc insiste beaucoup sur la personne du diable : il fait une sorte de présentation précise de l'adversaire qui est vaincu dans le désert et qui reviendra en scène au chapitre 22, en entrant en Judas. Cela laisse entendre que le récit des tentations de Luc prend son sens à la lumière de la Passion du Christ.

a) La première tentation : le pain

§ Jésus est non seulement conduit par l'Esprit Saint comme de l'extérieur, mais il est pleinement animé par lui. C'est rempli de l'Esprit Saint qu'il va mener le combat. Il sera ainsi le prototype de tous les fils de Dieu qui sont conduits par l'Esprit de Dieu (Rm 8, 14). Ce combat durera apparemment tout le temps du jeûne, mais il atteint son paroxysme en trois occasions.

§ La tentation de la nourriture porte sur une seule pierre, ce qui correspond mieux à la situation de faim dans laquelle se trouve Jésus. Celui-ci répond en citant Dt 8, 3 (voir Mt). Mais la citation est tronquée : elle omet la référence à la Parole de Dieu. Cela est dû sans doute au fait que pour Luc, la Parole de vie vient désormais par la bouche de Jésus (Lc 4, 21-22). Il ne lui paraît donc pas nécessaire d'insister sur le fait que Jésus s'en nourrisse.

§ Le pain, c'est ce dont on a besoin chaque jour et que l'on reçoit du Père (voir Lc 11, 5 dans l'enseignement du Notre Père). Jésus prescrit à ses disciples de demander leur pain à Dieu : ainsi, dans la quête de son pain, l'homme s'en remet à un autre. Il reçoit le pain du Père ; comme il en a reçu la vie et la reçoit constamment.

§ Céder à la tentation, c'est s'affirmer totalement indépendant (voir Lc 17, 55). La réponse de Jésus redit que l'homme n'existe que par Dieu et par les autres. Jésus fait donc le contraire d'Adam qui a refusé de dépendre de Dieu et qui a transgressé son commandement. Ici, Jésus manifeste à son Père le lien d'amour qu'il attend de l'humanité.

§ Cette scène est prophétique : elle peut se résumer en ceci : " en ta situation de détresse – il y a quarante jours que tu ne manges pas – sauve-toi toi-même ". Cela rappelle une expression du Calvaire (Lc 23, 39). Sur la croix, Jésus paraît avoir totalement échoué. Il disait qu'il était venu chercher ceux qui se perdaient (la pécheresse, Zachée, etc.). Il est maintenant à leur rang, condamné et maudit par la Loi et incapable de faire quoi que ce soit. La tentation est alors de vouloir quitter la croix, alors que la fidélité consiste à rester attaché à la croix avec les deux bandits qui sont à ses côtés et à s'en remettre à son Père. Il se trouve que même l'un des bandits l'insulte. Ainsi, Jésus est tenté par l'un de ceux qui meurent avec lui. Comment accepter de mourir alors qu'il sait fort bien que tous ont besoin de lui ? Pourtant il se tait et s'en remet à ses frères crucifiés.

L'un d'entre eux va répondre pour lui en attestant qu'il est innocent. Le retournement du bon larron est la réponse du Père à la confiance de Jésus. Jésus va devenir le sauveur reconnu de cet homme qui demande à être sauvé et qui s'en remet à lui. Il lui donne de partager la gloire dans laquelle il va entrer. C'est en perdant leur vie qu'ils la sauvent. Nous sommes appelés à faire confiance en apprenant à vivre notre relation avec Dieu à travers les créatures et les biens.

b) La deuxième tentation : sur un endroit élevé

§ La scène se déroule comme une sorte de vision instantanée. Le diable a un pouvoir sur tous les royaumes de la terre (noter le " passif divin "). Il s'adresse à Jésus, fils de David, appelé à être le Messie, à établir le Règne de Dieu et lui propose de pactiser avec lui, ainsi il pourra réaliser sa mission messianique en dominant la terre. Il aura les moyens nécessaires pour établir son Règne.

§ En Gn 3, le tentateur avait présenté une fausse image de Dieu : Dieu est jaloux de son pouvoir de connaître le bien et le mal (Gn 3, 4-5). L'humanité désire exercer elle-même sa puissance afin d'échapper à la mort qu'elle pressent. Sa puissance devient tyrannique, aliénante et finalement destructrice des autres. Jésus indique une autre route : celle du service (Lc 22, 24-27) qui mène à l'établissement du Royaume du Père dans lequel Jésus et les disciples auront leur place de choix (Lc 22, 28-30). Satan croit disposer des royaumes de la terre. En réalité, Jésus attend du Père ces royaumes, car le Père en a disposé pour lui (voir Lc 10, 17-24). Ce dernier texte évoque bien la puissance de Dieu à l'œuvre pour les disciples. Jésus exulte en voyant sa mission progresser parmi les hommes et en percevant que Satan tombe du ciel d’où il prétendait dominer tous les royaumes. Tout cela se réalise par la seule force de la paix et de la Parole, dans la soumission au Père et dans la confiance faite au Père et aux hommes. Là, Satan laisse le champ libre...

§ Mais vient l'heure de l'épreuve. Le diable reprend le pouvoir avec l'aide de ses complices (Judas, grands prêtres...). C'est l'heure des ténèbres (Lc 22, 53). L'œuvre de Dieu paraît ruinée. Jésus abandonné par presque tous les siens. Ses adversaires triomphent alors qu'il est cloué sur la croix. Son échec n'est-il pas la preuve qu'il n'a pas pris le chemin adapté pour réussir ? Cela se manifeste sur la croix par les moqueries des soldats (Lc 23, 36-37). Jésus se tait. Il avait d'ailleurs devancé tout cela en priant son Père pour ceux qui le mettaient à mort (Lc 23, 34). Son dernier mot sera un acte de confiance à l'égard du Père. Le Père accueille cette prière et le Règne de Dieu va se manifester. Le pardon que Jésus invoquait sur ses bourreaux atteint le chef des soldats, le centurion qui rend gloire à Dieu (Lc 23, 47) : pour lui, Dieu est celui qui pardonne comme il l'a vu faire par Jésus. Nous sommes ainsi appelés à vivre une relation vraie avec la Parole de Dieu.

c) La troisième tentation : sur le pinacle du Temple

§ Cette tentation se déroule à Jérusalem, la ville sainte du salut, sur le pinacle du Temple, Le Temple occupe un rôle important dans le troisième évangile : il en est question au début et à la fin de l'évangile de l'enfance et à la fin de l’évangile ainsi qu’au début des Actes des Apôtres également. C'est là aussi que Jésus parle pour la première fois pour dire qu'il se doit à son Père (Lc 2, 49). La tentation est claire : le diable conduit Jésus chez celui dont il est le Fils pour demander un signe : pour que le Père se manifeste en venant au secours de son Fils. Il s'agirait donc de mettre le Père au service de la cause personnelle de Jésus, d'où la citation du Ps 91.

§ Adam avait prétendu accaparer la science de Dieu pour ne pas mourir... On retrouvera cette tentation au moment de la Passion de Jésus : Jésus a été condamné par le Sanhédrin, en particulier par les grands prêtres qu'il avait durement accusés lors de l'expulsion des vendeurs du Temple (Lc 19, 29). Devant eux, Jésus confirme ses prétentions messianiques et il est condamné (22, 66-71). Lorsqu'il est sur la croix, ses adversaires viennent se moquer de lui en reprenant des titres messianiques (23, 35) d'ailleurs déjà donnés par Pierre (Lc 9, 22).

§ Jésus ne répond pas à ces insultes, mais sa souffrance et sa mort portent aussi du fruit. Du groupe de ceux qui avaient condamné Jésus (même si lui-même n'y a pas participé) se détache Joseph d'Arimathie (23, 50-54) qui, en touchant le corps mort de Jésus, devient impur pour sept jours et ne pourra pas manger la Pâque : il a lié son destin à celui de Jésus...

d) Conclusion

§ Les tentations de Jésus portent essentiellement sur l'idée que l'on se faisait à cette époque du Messie qui viendrait sauver Israël : puissance, miracles faciles, le salut est quasiment imposé... Jésus entre dans une autre logique que l'on voit culminer au Calvaire. Par toute sa vie, il se montre semblable à nous, excepté le péché. Il y a eu trois tentations au début de la vie publique. Jésus y oppose trois refus animé par sa prière et sa confiance dans le Père. Il y a trois attaques lors de la passion et trois interventions de Jésus soit dans la prière vers son Père, soit dans sa parole pour le brigand. Et c'est à partir de ces attitudes de Jésus que le salut peut se manifester pour le bon larron, pour le centurion et pour Joseph d'Arimathie.

§ Le verset 13 est significatif : le diable a essayé ses tentations sur Jésus et la victoire de Jésus est maintenant définitive. Le diable ne pourra plus le tenter. Ce n'est que secondairement que l’on peut envisager dans les tentations de Jésus les différents types de tentation qui touchent les hommes. Vient, à la fin de ce verset, la mention " jusqu'au moment fixé " : le retrait du diable n'est que temporaire. Une nouvelle agression se fera contre Jésus au moment de la Passion (voir Lc 22, 3.53), mais d'une autre manière, nous l'avons vu. C'est sans doute pour cela que Luc omet le texte parallèle à Mt 16, 23 où Jésus adresse des reproches à Pierre, en l’appelant " Satan ". Pour bien saisir la pensée de Luc sur cette question, on peut encore voir Lc 10, 17-20 et 22, 31-38.

§ On comprend enfin mieux pourquoi Luc a placé la dernière tentation à Jérusalem : il existe un lien entre cette tentation et la suite du chemin de Jésus, commencé à Jérusalem et qui s’y achèvera lors de la Passion.

 

F. L'historicité de l'événement

l 1. Un certain nombre d'auteurs l'ont niée en essayant d'expliquer ce récit par diverses raisons :

apologétiques, par exemple, pour montrer aux premiers chrétiens que Jésus n'est pas un faiseur de miracles,

– parénétiques : le Christ modèle du chrétien, y compris dans les tentations ; mais les tentations de Jésus sont très différentes de celles qui affectent les chrétiens.

l 2. Pour percevoir l'historicité de cet épisode, il faut étudier la formation littéraire de cette tradition. On observe des données impressionnantes :

– diversité de recensions : Marc d'un côté et Matthieu-Luc de l'autre.

– des éléments communs : tentation de Jésus par le diable, au désert pendant quarante jours, victoire de Jésus.

– les textes d'Écriture cités par Matthieu et Luc sont empruntés à la Septante mais pas avec exactitude (voir Mt 4, 10 " tu te prosterneras, seul ". Il semble donc que la citation de l'Écriture s'adapte à la situation et non l’inverse (dans ce dernier cas, on pourrait dire que le récit est une sorte de midrash composé à partir de l'Écriture, en vue de prouver que Jésus est bien celui qui réalise l’Écriture).

– la parole de Jésus " arrière Satan " est la seule formule qui ne soit pas une citation de l'Écriture. On peut se référer à Mc 8, 33 qui semble bien être une parole authentique de Jésus.

Tout cela amène à la conclusion que les principaux éléments de la tentation de Jésus proviennent d'une tradition pré-synoptique et sont donc primitifs. Mais il reste à vérifier dans quel cadre de la vie de Jésus ils sont en meilleure situation.

l 3. Ces tentations ont un caractère très particulier : ce ne sont pas les tentations ordinaires des chrétiens, ce sont des tentations messianiques. De plus, elles sont liées à la mission de Jésus en étant placées juste avant le commencement de celle-ci. D'autre part, les premiers chrétiens ne pouvaient guère inventer cette tentation, de soi assez scandaleuse, du Fils de Dieu. Le problème d'une tentation de ce type prend tout son sens dans la vie publique de Jésus (voir des épisodes plus ou moins similaires comme Mc 8, 12 où il est question de la demande d'un signe, ou encore comme Mc 8, 33 qui est la réplique de Jésus à Pierre) et culmine dans des scènes de la Passion. La vie publique de Jésus semble avoir été une lutte constante contre le démon : tout n’est pas réglé avec la scène inaugurale des tentations au désert.

l 4. Le fait des tentations de Jésus, rapporté par les évangélistes, ne peut s'expliquer que si l'on y voit une réalité historique. Jésus l'aura raconté plus tard à ses disciples afin de les aider à dépasser leurs conceptions messianiques particulièrement limitées, par exemple après l'épisode des vifs reproches adressés à Pierre. Peut-on aller jusqu’à dire quelque chose du mode de tentation lui-même ? Peut-être s'agit-il de réalités représentées sous forme de visions (voir Lc 4, 5).

l 5. À partir de cette expérience originelle, il est possible d'entreprendre le chemin inverse afin de découvrir les soucis qui animaient les différents évangélistes.

a) Matthieu retient la perspective de l'accomplissement du destin d'Israël en Jésus. La mention du jeûne peut mettre en valeur le caractère exemplaire de l'attitude de Jésus (Jésus est celui qui a vaincu le tentateur) et aussi le désir d'être uni à Dieu et d'attendre tout de lui. Les anges semblent concrétiser le secours divin envoyé à celui qui a repoussé Satan. Le débat avec Satan devient une sorte de débat de scribes à partir de l'Écriture : Jésus montre qu'il connaît mieux l'Écriture que son adversaire (voir en arrière-plan les débats de Jésus avec les scribes...).

b) Luc semble relever en Jésus l'exemple de la parfaite attitude filiale. Ainsi les chrétiens qui ont à lutter devant diverses épreuves peuvent trouver en Jésus un appui et tenir avec patience. " Adam voulut faire sa vie par lui-même, il s'est allié au Malin afin de devenir l'égal de Dieu en possédant sa science pour dominer la terre. Adam refusa le don qui lui était fait de la vie et de la terre, il s'engagea vers la mort dans sa prétention divine [...]. Jésus, fils d'Adam et Fils de Dieu (Lc 3, 38) réalisera la vocation d'Adam sans échapper à la condition humaine. "

c) Marc montre dans le récit de la tentation le prologue du combat que Jésus va livrer à Satan. C'est la condition de Jésus et celle du croyant à sa suite qui sont ainsi esquissées.

G. Réflexions sur la scène de la tentation

Jésus s'arrache à la vie quotidienne pour venir au désert et y jeûner quarante jours. Il se met sous la conduite de l'Esprit en condition d'éprouver ses désirs à propos du corps (le jeûne provoquant le désir de se rassasier), du pouvoir et de la gloire.

Le désert est le lieu où on peut affronter le monde car on en perçoit les racines fondamentales ainsi que la complicité qui résonne en soi bien plus nettement que dans la vie quotidienne.

l 1. L'opposition entre Jésus et le diable se manifeste à plusieurs points de vue.

a) À propos du temps

Pour Satan, tout doit arriver tout de suite. Il n'y a pas de réflexion ou de proposition pour une action future, il n'y a aucun intervalle possible. Quand la scène est finie (voir Lc 4, 13), tout se passe comme si le temps recommençait à couler, une fois épuisée la tentation.

b) Du point de vue de l'espace

Il y a une sorte de " dérapage " en ce qui concerne la localisation des tentations : les déplacements sont instantanés, sans durée réelle ; tout paraît un peu irréel.

c) À propos de la relation à l'autre

Le désert est vide et Satan y introduit les foules et les royaumes comme des fictions. En revanche, Jésus se réfère au texte de la Loi qui ouvre sur quelqu'un d'autre, car la Loi ne vient pas de Jésus. En un mot, Satan cherche à déréaliser le monde : le temps, l'espace et l'autre n'ont plus de réalité : c'est le monde de l'imaginaire et du fantasme. Tout peut s'y déployer (voir l'exemple célèbre des tentations de saint Antoine).

l 2. Il faut placer la tentation dans l'ensemble de la vie de Jésus. On constate que Jésus ne repousse pas le pain (multiplications), la gloire (voir Jn 17) ou le pouvoir (Jn 12, 32 " Quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai tout à moi " ou encore Mt 28, 18 : " Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre "). Jésus ne condamne pas les objets qui lui sont présentés, mais la façon dont Satan lui propose de satisfaire ses désirs : par sa toute-puissance, en ayant tout et tout de suite (illusion infantile !). Même si l'objet proposé est bon, il reste à savoir ce qu’est vraiment mon désir et comment je cherche à l'atteindre.

a) On peut même aller plus loin et constater que la tentation peut se cacher derrière un texte de l'Écriture et son interprétation (Mt 4, 6 et Lc 4, 10-11). Jésus refuse de s'évader dans l'imaginaire : il consent pleinement à ce qu'il est ; il n’a pas refusé l’expression du diable " Si tu es le Fils de Dieu " et il accepte la mission qui lui est demandée par le Père. Mais il la découvre dans l'Écriture prise dans son ensemble et non pas dans un seul fragment.

b) Jésus ne se tourne pas vers lui, mais vers les autres : les pouvoirs qu’il a reçus du Père sont à leur service. Cela peut expliquer pourquoi il ne parle pas à la première personne dans tout ce passage : il répond à Satan uniquement par des paroles de l'Écriture (plutôt des textes formulés négativement du reste). Cela montre qu’il est le seul qui puisse citer l'Écriture et l'intérioriser parfaitement. Il laisse ainsi entendre qu'il y a dans sa vie un " ordre de la Parole ". Plus tard, il retournera les choses et se livrera comme pain pour la nourriture des disciples. Ici, il refuse de se jeter en bas du Temple. Plus tard, il manifestera que le Temple de Jérusalem doit être détruit et que son corps est le véritable Temple de Dieu, mais il lui faudra passer par la mort pour que cela se réalise.

c) Il devra refuser la protection des anges pour qu'il puisse être reconnu Fils de Dieu par un homme, le centurion au pied de la croix (voir Mt 26, 53). Jésus refuse d'adorer le diable : sa puissance viendra de l'adoration du Père ; c'est là qu'il découvre ce qu'est la volonté du Père.

(À suivre)

Mgr Pierre-Marie Carré